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Tristan Derème, lettre autographe signée à Jean Pellerin

Tristan Derème, lettre autographe signée à Jean Pellerin

Cette lettre d'un représentant de l'école "Fantaisiste", Tristan Derème, à un autre membre de cette école, Jean Pellerin, constitue un témoignage intéressant sur celle-ci et sur sa poétique.

Datée de "jeudi matin", elle a été vraisemblablement écrite en 1922, car elle s'est retrouvée glissée dans un exemplaire de l'édition originale de La Verdure dorée de Tristan Derème. On peut supposer que ce dernier avait donné rendez-vous ce jeudi matin-là à 9 h à Jean Pellerin, dans un café "Napolitain" (sans doute le Café Napolitain, 1 boulevard des Capucines à Paris), pour lui remettre un exemplaire de cet ouvrage, mais était arrivé en retard, à 9 h 25, et que Jean Pellerin étant reparti, Tristan Derème s'était retrouvé avec le livre sous le bras, et le lui avait ensuite envoyé par la poste (pas le bras, mais le livre, comme il est précisé), accompagné de cette lettre.

Les quatre premières lignes sont des alexandrins, les deux premiers vers étant plaisamment rimés autour de la première syllabe, "Lié", du nom de "Stéph. Lié-geard" (Stephen Liégeard), associé pour la circonstance à Jean Aicard, deux poètes peu prisés des Fantaisistes...

Le destin rime avec le Napolitain, qui devient un "désert surpeuplé", puisque Jean Pellerin n'y est pas... 

Suivent deux octosyllabes où les syllabes finales de "artilleur" (Philippe Huc, alias Tristan Derème, avait été mobilisé comme artilleur) et "tilleul" sont interverties...

Cette lettre est écrite sur un beau papier à en-tête monogrammé des initiales T.D. entrelacées autour d'une pipe portant un escargot (dessin signé du peintre et caricaturiste Jan Metteix), rappelant l'oeuvre de Tristan Derème Le Poème de la pipe et de l'escargot (paru en édition originale en 1912).