Pierre Mac Orlan, Le Chant de l'équipage

Une "histoire écrite sur un air de fifre ancien"

 

Le Chant de l'équipage est un roman de Mac Orlan, paru en édition originale en 1918 (L'Edition française illustrée).

Loin du Quai des Brumes (Gallimard, 1927), l'auteur nous fait vivre les aventures de Krühl, qu'un escroc convainc d'aller chercher un trésor sur une île lointaine. Mais tous les codes traditionnels de ce type de roman sont remaniés.

Le texte complet peut être lu sur Wikisource. En voici la fin :

 

― Mon Dieu ! mon Dieu !… Ils sont partis avec le canot ! gémit Krühl en s’agenouillant et en s’arrachant les cheveux.

Samuel Eliasar, debout, la bouche figée dans un sourire raide, regardait s’éloigner le navire, précieusement détaillé sur le bleu délicat d’un ciel limpide. On pouvait distinguer à l’arrière la silhouette ridicule du capitaine Heresa, nonchalamment appuyé sur l’épaule de Chita, dont le jupon rouge flamboyait. À la corne du mât flottait le pavillon noir.

― Écoutez, dit Eliasar.

Krühl tendit l’oreille. Portée par le vent, la voix aiguë de Bébé-Salé arrivait jusqu’à eux. Il chantait la vieille chanson de la Côte :

     La bonne Sainte-Anne a répondu
     Il vente

Et tout l'équipage de l'Ange-du-Nord reprenait au refrain :

    C'est le vent de la mer qui nous tourmente


La "petite musique" de Mac Orlan, discrète et fatidique, se joue dans le texte aussi bien que dans le chant des pirates. Elle est littéralement composée sur un "air de fifre ancien", comme le résume joliment l'auteur lui-même dans le bel envoi :

livre rare ancien, Pierre Mac Orlan, Le Chant de l'équipage, envoi de l'auteur

Un bel exemplaire, bien relié

Cette édition Crès de 1924 a été tirée à 1300 exemplaires numérotés. Outre cet envoi original, la reliure en fait un livre rare très attachant :